Introduction à l'Art de la guerre

La guerre décide de la vie et de la mort non seulement des belligérants mais de leurs Etats.

Carte chinoise ancienne (fragment)

Sun Zi, Sun Tzu, Sun Tse, Sun Tsi ?

Sun Zi, plus connu sous le nom de Sun Tzu ou encore Sun Tse, est l'auteur putatif du plus ancien traité de stratégie militaire connu.

Son oeuvre, Sun Tse Ping Fa ou Stratégie militaire de Maître Sun, est connue sous le titre L'Art de la guerre.

Les écrits originaux dateraient des VIè et Vè siècles avant Jésus-Christ.
C'est du moins ce qu'on prétend et dont il est permis de douter, nulle trace d'écrit ne pouvant être trouvée en chinois avant l'an 223 BC.

Un enseignement traditionnel

L'enseignement de Sun Zi, si tant est que cet homme exista, fut sans aucun doute oral et transcrit trois siècles plus tard.
Il s'agit de tradition, pas de relation verbatim, et d'une édition à l'autre les textes subissent des modifications au gré des modes et des intentions du transcripteur.

Il est probable que l'oeuvre soit une compilation et que les véritables auteurs restent à jamais inconnus.

Quoi qu'il en soit, l'oeuvre est de toutre évidence incomplète, soit qu'elle aît été censurée soit que de larges fragments en aient été perdus.

Les sources

L'invention (au sens de découverte) de l'Art de la guerre revient au père jésuite Amiot, toulonnais d'origine.

Sa traduction française (chez Didot l'Aîné, Paris,1772) peut être trouvée sur Wikisource.

Le titre original :
L'Art militaire des Chinois ou Recueil d'anciens traités sur la guerre composés avant l'ère chrétienne par différents généraux chinois.

Une version largement commentée en français (1948) est proposée par Lucien Nachin dans la Collection Chine ancienne dirigée par Pierre Palpant.

Ce volume est particulièrement intéressant dans la mesure où il retrrace l'historique de la découverte des écrits anciens à l'origine de L'Art de la guerre, les difficultés de traduction (le texte vu par Amiot était en Mandchou, c'était une traduction sans aucun doute déjà altérée et que Amiot dut réinterpréter avec l'aide de collaborateurs de fortune) et les motifs qui firent que son ouvrage ne reçut guère d'échos en Europe.

Sa lecture est indispensable pour tout qui veut parler de l'oeuvre attribuée à Sun Zi.

Une oeuvre philosophique ?

Une chose paraît certaine : de l'aveu même du Père Amiot, il ne s'agit pas d'une traduction brute mais d'une adaptation qui se fonde plus sur l'esprit (supposé) que sur la lettre.

Malgré son titre, il s'agit au final d'un ouvrage essentiellement sociologique à connotation philosophique et l'on tenterait en vain d'en appliquer les principes pour gagner quelque bataille que ce soit, militaire, politique ou commerciale.

Sun Zi met d'ailleurs en garde les imitateurs qui tentent de reproduire tels effets par l'application irréfléchie de telle méthode qui aurait déjà fait ses preuves.
Il prône l'intuition plutôt que la méthode et c'est bien cela qui justifie que la guerre est un art et non une science.

En même temps, Sun Zi met l'accent sur la nécessité de connaître les méthodes pour pouvoir les adapter, et il n'y a donc pas de paradoxe.
Connaître les méthodes, les appliquer en fonction du moment et de son intuition, tout est là.

En deux mots

L'enseignement universel de Sun Zi est en vérité très simple : il faut déterminer des objectifs, observer et réfléchir avant d'agir.

Le reste est affaire de circonstances et d'opportunités.

Et, bien entendu, la tentation est grande d'extrapoler cet enseignement pour déterminer une approche intelligente non seulement des conflits mais aussi des projets de conquêtes en n'importe quelle matière.

Comme le plus souvent, la sagesse orientale peut ainsi être mise à bien des sauces.

Au sujet de la version présentée ici

Il s'agit d'une version très proche de celle du Père Amiot.
Elle inclut, non distingués du texte, les commentaires de commentateurs non identifiables, sans doute des élèves ou des lecteurs anciens de Sun Zi..
Il existe quantité d'autres versions, certaines affichant l'ambition de retirer du texte l'influence supposée du Père Amiot pour livrer une source plus pure.
C'est faire injure à l'honnêteté intellectuelle des ecclésiastiques mais le problème n'est pas vraiment là.
Beaucoup de ces auteurs ignorent que ce qu'ils croient être des sources chinoises découlent directement de l'oeuvre du Père Amiot.
Il n'y a pas de Sun Tse Ping Fa avant Amiot.

Souvent, ces versions structurent le texte en numérotant les paragraphes.
Et un certain nombre restructurent l'oeuvre pour la mettre au service de techniques modernes comme la gestion du personnel ou le marketing.
Le découpage en versets qu'on trouvera ici procède d'une démarche moins simpliste qu'il est loisible au lecteur de découvrir et de commenter.

En bref : le texte présenté ici part des travaux du Père Amiot considérés comme une oeuvre intellectuelle marquante et qui reste à commenter sans l'amputer ni l'altérer.

Autres ressources

* La version en caractères chinois traditionnels : Zhongwen.com

* Le Projet Gutenberg propose
la version anglaise annotée (1910) de Lionel Giles

* Sun Tzu. L'Art de la guerre. Chez Flammarion, Paris (poche)

* Sun-Tzu. The Art of War. Traduction par Samuel B. Griffith. Oxford, Claredon Press, 1963.

* Sun Zi. Traduction par Valérie Niquet-Cabestan. Economica, Paris, 1988.

© 2004-2007 - Sarah le Hardy

Également instruit de ce que vous pourrez et de ce que vous ne pourrez pas, vous ne formerez aucune entreprise qui ne puisse être menée à bonne fin.

 

Sun Tse Ping Fa

Article Un : De l'évaluation Article Deux : De l'engagement Article Trois : Des propositions de la victoire et de la défaite Article Quatre : De la mesure dans la disposition des moyens Article Cinq : De la contenance Article Six : Du plein et du vide Article Sept : De l'affrontement direct et indirect Article Huit : Des neuf changements Article Neuf : De la distribution des moyens Article Dix : De la topologie Article Onze : Des neuf sortes de terrain Article Douze : De l'art d'attaquer par le feu Article Treize : De la concorde et de la discorde